Archive for the ‘Développement durable’ Category

Penser autrement : un impératif!

octobre 14, 2012

En début d’année je nous souhaitais une forte mobilisation. Mais pour que cette mobilisation ait réellement lieu, il faut aussi garder une autonomie de pensée. Or tout converge actuellement pour pousser l’ensemble des décideurs vers une « pensée commune » qui puise dans un référentiel en crise!
Ainsi, le nouveau pouvoir en France n’arrive-t-il pas à dire à se désengager de la voie sans issue « imposée » par les marchés financiers et une élite intellectuelle internationale elle-même « dans le moule ».
Pourtant, nous devrions aller au bout de deux trois choses pour nous en sortir :
– arrêter de considérer que l’argent « perdu » par les Etats, notamment pour soutenir le système financier et ses pertes sur des opérations largement virtuelles, doit être récupéré sur l’économie réelle et sur l’ensemble de la population ;
– avoir le courage de prendre une position internationale forte sur les paradis fiscaux et la fiscalité des flux financiers, afin d’éviter que ces moyens tant nécessaires ne disparaissent « ailleurs » ;
– avoir aussi la lucidité et la vision pour réaffirmer que l’affaiblissement progressif des Etats et des organisations internationales fait le lit d’une « non-gouvernance » dont de nouvelles puissances s’emparent progressivement : quelques « grandes puissances » financières internationales que sont les plus grands groupes multinationaux, dont l’objectif n’est pas en priorité, et ce n’est pas un reproche à leur faire, le bien commun… et les groupes mafieux qui sont de moins en moins marginaux dans la gestion des finances internationales !
Surtout, nous devons poursuivre la construction d’une gouvernance partant « du bas », des êtres humains dans leur contexte local, afin de pouvoir garantir dans le cas d’un effondrement du système « du haut », de plus en plus probable, un minimum de conditions de vie commune digne et propice à l’avenir de notre humanité.

Origines de la crise : un constat américain accablant pour le système néo-libéral

février 2, 2011

Dans un rapport rendu le 27 janvier dernier par la Commission d’Enquête sur la Crise Financière (FCIC) mandatée par le Congrès américain, les origines de la crise financière et économique actuelle sont largement liées à l’insuffisante régulation des marchés, et à des comportements irresponsables des acteurs de ces marchés. Rien que pour les Etats-Unis, le rapport estime que 11 000 Mds de dollars de richesse ont ainsi disparu pour les foyers américains.

Sont notamment mis en cause dans ce rapport

– les banques d’affaires, Goldman Sachs en tête, qui s’étaient libérées  de leur « responsabilité financière et éthique » ;

– les agences de notation, leurs prévisions irréalistes (une croissance sans fin du marché immobilier de 4% par an était prédite en 2003) et le manque de contrôle rigoureux des acteurs ;

– les autorités publiques, qui ont laissé faire, fidèles à leur philosophie néo-libérale …

Même si certains ont aussi rappelé que les politiques publiques, notamment en matière de logement, ont eu leur part dans l’origine cette catastrophe, le jugement est sans appel.

Et pourtant, face à un rapport dont il est difficile de contester la légitimité, et qui est aussi accablant, à Davos, des banquiers ont avec aplomb défendu leur droit à continuer leurs activités sans trop de contraintes !

Où est la vision durable de l’économie quand des acteurs ont « oublié » leurs erreurs et errements datant d’à peine 3 ans !

Vers un crash alimentaire ?

novembre 8, 2009

Nous avons dépassé le milliard de personnes qui ont faim cette année ! Et l’Afrique et d’autres régions pauvres, et notamment leurs agriculteurs, pourraient payer le prix fort de cette famine croissante par effet domino du fait d’un certain nombre de réflexes « égoïstes » comme le montrent quelques exemples tirés du film visionné en introduction aux Rencontres du Mont-Blanc, ce soir à Chamonix et du débat qui a suivi :

  • culture de maïs réorientée vers la production d’ethanol pour préserver l’indépendance énergétique des Etats-Unis, ce qui diminue les exportations alimentaires tout en augmentant les prix ;
  • culture de soja en Argentine pour nourrir la Chine qui produit du maïs pour nourrir les porcs dont la consommation a très fortement augmenté, en détruisant les forêts locales et donc l’environnement de petits paysans locaux ;
  • cette même Chine ou la Corée du Sud louent ou achètent des terres en Afrique ou ailleurs pour nourrir leur population …
  • un exemple donné par un intervenant dans la salle, venant du Cameroun : la production locale de poulet avait été marginalisée par l’importation de poulet surgelé en provenance d’Europe, puis un travail a été mené pour renverser la vapeur … pour découvrir que du coup il fallait importer du maïs pour nourrir les poulets locaux car la filière maïs locale ne répondait plus …

Avec tout cela, que restera-t-il pour les paysans africains ou d’autres régions du monde en difficulté pour se nourrir ? Le système géré par une mondialisation commerciale est décidément inadapté pour nourrir la planète de manière équitable : d’un côté l’obésité et le gâchis par la consommation, de l’autre l’impossibilité pour des centaines de millions de paysans de se nourrir correctement.

Ces quelques exemples, mal dégrossis, et cette réflexion globale, m’amènent à titre personnel à une modeste question : et moi, consommateur replet, suis-je conscient de mes propres égoïsmes ?! Être citoyen du monde, c’est peut-être aussi commencer par cela : prendre conscience et penser réellement (pas répéter une rengaine intellectuelle, mais « décaler » la pensée pour influencer le comportement au quotidien).

 

Référence du film visionné ce soir : « Vers un crash alimentaire », documentaire de Yves Bily et Richard Prost, diffusé sur Arte le 2 décembre 2009.