Un nouvel engagement au service de la solidarité

février 1, 2010

Depuis le 1er février, j’ai rejoint le Réseau Education & Solidarité. Ma nouvelle mission consiste à promouvoir, avec l’ensemble des acteurs mutualistes et de l’éducation, les solutions de protection sociale pour, par et avec les enseignants.

Haïti : Au-delà de l’urgence, la nécessaire reconstruction de la société civile

janvier 17, 2010

Ce qui se passe à Haïti est dramatique, et nous sommes tous sous le choc. Cette conjugaison en un seul lieu de la force destructrice de la nature, de la misère dans laquelle un pays s’est enfoncé inéluctablement, et de la disparition d’un Etat dans le chaos est pour l’humanité un échec épouvantable. Comment peut-on laisser ainsi un peuple entier s’enfoncer dans une situation qui fait ensuite d’une catastrophe naturelle une mise à mort impitoyable ?

Face à cela, l’indignation et la mobilisation sont générales, et nous voyons affluer l’aide internationale, les dons, les volontaires. A court terme c’est essentiel. Mais à long terme cela ne suffit pas. Notre devoir humain est de nous mettre à la disposition d’un peuple, d’une partie de ce corps universel qu’est l’humanité, pour reconstruire une société viable et solidaire. C’est notamment le cas pour des gens comme nous, les acteurs de l’économie sociale.

Nous prônons que notre manière démocratique et solidaire de faire de l’économie et de structurer une démocratie sociale, locale, sont un modèle. Il faut le prouver dans des cas comme celui-là ! Dans les mois qui suivront le premier choc, les survivants de cette catastrophe totale devront reconstruire une société viable. C’est le moment où nous devrons nous mettre à la disposition de tous ceux qui auront à remettre en place des services de base pour chacun : éducation, santé, activité agricole et de distribution alimentaire … La meilleure réponse à ce défi dans un contexte où il faut en même temps rebâtir la société civile et le système politique, c’est de s’appuyer sur des structures démocratiques et solidaires, des mutuelles, des associations, des coopératives !

Je pense donc que nos réseaux et entreprises, que nos dirigeants doivent être présents en Haïti non pas seulement pour les quelques semaines à venir, dans l’urgence, mais sur le long terme, pour accompagner un processus de reconstruction de la société civile !

Les droits de l’homme c’est important, mais seulement si c’est concret !

novembre 22, 2009

Je suis intervenu mercredi dernier à Glasgow à la conférence célébrant le 20ème anniversaire de LAW SERVICES AGENCY, un centre d’aide et de conseil juridique destiné aux personnes en situation de fragilité (femmes et enfants, locataires menacés d’expulsion, migrants …). Mon thème d’intervention concernait l’Europe et la manière dont la société civile et les entreprises d’économie sociale pouvaient agir en faveur des personnes en difficulté, notamment en s’appuyant sur des réseaux internationaux et sur leur impact.

Dans les échanges avec les participants à cette journée, une évidence à laquelle nous ne faisons sans doute pas assez attention m’est revenue à l’esprit : bien sûr il faut faire reconnaître les droits, évidemment il faut obtenir des législations permettant d’orienter les efforts des Etats vers un meilleur équilibre des forces et des richesses entre les différentes composantes de la société … mais c’est vrai que nous avons dans les pays d’Europe de l’Ouest d’abondants textes, souvent généreux dans leurs intentions (je prendrai comme exemple la loi du 11 février 2005 sur le handicap en France). Mais faire reconnaître les droits, c’est les rendre concrets, applicables …et là on revient aux moyens et à la volonté politique, à une gestion des priorités conforme aux intentions louables affichées. A quoi bon avoir des déclarations des droits de l’homme, y compris sur les droits économiques, sociaux, culturels, si derrière on ne se donne pas les moyens de les faire respecter AU QUOTIDIEN ? A quoi bon les grands discours, souvent creux, sans financement des actions et sans formation des intervenants par exemple.

Notre combat est bien celui-là, remettre les droits de l’homme au centre des priorités des Nations et des organisations internationales non pas dans les discours, mais dans les actes. C’est ce que j’ai appelé « Donner de la chair aux droits de l’homme » : le droit c’est le squelette, sa concrétisation, c’est la chair !

A l’écoute des débats, j’ai aussi noté les 4 éléments qui font que nos organisations « marchent », et ces 4 éléments ont été largement repris lors de la journée :

– l’engagement (autour de la défense et de la concrétisation des droit de l’homme)

– l’innovation (notamment sociale), ferment d’une meilleure prise en compte des besoins et attentes de tous les être humains

– les partenariats qui permettent des courroies de transmission entre notre travail et celui d’autres acteurs sur le terrain (notamment les collectivités locales et les entreprises du lucratif)

– le travail en réseau pour échanger, enrichir nos pratiques et construire des stratégies d’influence et de co-construction entre acteurs de l’économie sociale.

Une très belle journée d’échanges et de réflexions donc … et l’Ecosse c’est vraiment superbe !

Faire entendre la voix et partager les projets de l’économie sociale !

novembre 11, 2009

Ayant participé pour la première fois aux Rencontres du Mont Blanc, j’ai été très agréablement surpris et même impressionné par la qualité et l’importance des débats et apports. Echanger avec 200 personnes venant de 36 pays de tous les continents, quelle richesse  ! Avoir accès aux représentants d’organisations internationales pour les « challenger » dans leurs pratiques et leurs idées, et pouvoir découvrir des aspects méconnus d’un sujet aussi majeur que l’alimentation dans le monde, voilà qui vaut le déplacement !

En rentrant, les yeux brillants et le cerveau en ébullition j’ai passé la matinée à partager avec ma famille des informations qui, mine de rien, affecte notre quotidien et notre avenir.

Du coup, question : et les autres, TOUS les autres, comment leur ferons-nous partager les projets, les idées, l’enthousiasme de ce genre de d’évènement ? L’économie sociale « organisée », que fera-t-elle de ces Rencontres ? J’entends déjà les objections, les autres priorités et tout le reste … Pourtant que ce soit sur les questions alimentaires, sur les modes de gouvernance de nos sociétés ou sur la résistance nécessaire à la « pensée unique » capitalo-lucrative, il faut informer et mobiliser et VITE vu l’urgence des enjeux !

Chers amis convaincus des valeurs de l’économie sociale, de la force constructive de la société civile et de la pertinence d’un développement VRAIMENT durable, je vous le demande, qu’allons-nous faire pour modifier le cours des choses ?

 

Pour ma part, je mets les premiers 100 € dans une souscription pour une communication de l’économie sociale, que je verserai à EUCLID NETWORK, mais qui doit être à la disposition d’un fonds dédié à la communication des projets de l’économie sociale, en commençant par ceux issus des Rencontres du Mont Blanc !

Une journée nourrissante !

novembre 9, 2009

Le thème « Nourrir la planète » des Rencontres du Mont-Blanc est vraiment « nourrissant » !!!

Une suite d’intervenants de très grande qualité nous a permis de découvrir les faces cachées (car il y a en a beaucoup !) des questions d’alimentation dans le monde. Parmi ce foisonnement d’informations, j’ai retenu :

– que la qualité des sols est avant tout biologique (eh oui, les verres de terre sont essentiels !), et que la mort biologique entraîne ensuite progressivement une mort chimique puis physique ; et que l’humanité n’a jamais su développer une agriculture durable, et que les scientifiques qui se consacrent au sol sont de loin insuffisants pour assurer les progrès nécessaires pour demain … alors vive la coopération entre agriculteurs et scientifiques !

– que les priorités dans notre utilisation de l’eau, mettant en avant les usages pour produire de l’énergie et pour contribuer aux industries, sont un danger pour cette ressource essentielle qui devrait avant tout être consacrée à l’usage quotidien des femmes et des hommes

– que la priorité intellectuelle portant sur la vie et sur les semences constituait une « privatisation de la vie » inadmissible du point de vue des droits de l’homme, et que nous devons nous battre pour des « semences libres » comme il existe des « logiciels libres »

– que la solidarité entre les hommes, au niveau local comme dans une vision partagée de notre avenir alimentaire, était LA condition pour assurer notre survie collective et celle de plus de 1 milliard de personnes vivant ou plutôt survivant dans les campagnes de notre monde : il faut rendre aux agriculteurs la maîtrise de leur destin qui est à plus long terme celui de tous.

Et enfin que l’économie sociale, soucieuse de tous ces enjeux et à l’écoute des besoins des hommes comme de notre environnement, devait faire entendre sa voix beaucoup plus fortement face au capitalisme, car elle est l’ESPOIR des générations à venir !

Vers un crash alimentaire ?

novembre 8, 2009

Nous avons dépassé le milliard de personnes qui ont faim cette année ! Et l’Afrique et d’autres régions pauvres, et notamment leurs agriculteurs, pourraient payer le prix fort de cette famine croissante par effet domino du fait d’un certain nombre de réflexes « égoïstes » comme le montrent quelques exemples tirés du film visionné en introduction aux Rencontres du Mont-Blanc, ce soir à Chamonix et du débat qui a suivi :

  • culture de maïs réorientée vers la production d’ethanol pour préserver l’indépendance énergétique des Etats-Unis, ce qui diminue les exportations alimentaires tout en augmentant les prix ;
  • culture de soja en Argentine pour nourrir la Chine qui produit du maïs pour nourrir les porcs dont la consommation a très fortement augmenté, en détruisant les forêts locales et donc l’environnement de petits paysans locaux ;
  • cette même Chine ou la Corée du Sud louent ou achètent des terres en Afrique ou ailleurs pour nourrir leur population …
  • un exemple donné par un intervenant dans la salle, venant du Cameroun : la production locale de poulet avait été marginalisée par l’importation de poulet surgelé en provenance d’Europe, puis un travail a été mené pour renverser la vapeur … pour découvrir que du coup il fallait importer du maïs pour nourrir les poulets locaux car la filière maïs locale ne répondait plus …

Avec tout cela, que restera-t-il pour les paysans africains ou d’autres régions du monde en difficulté pour se nourrir ? Le système géré par une mondialisation commerciale est décidément inadapté pour nourrir la planète de manière équitable : d’un côté l’obésité et le gâchis par la consommation, de l’autre l’impossibilité pour des centaines de millions de paysans de se nourrir correctement.

Ces quelques exemples, mal dégrossis, et cette réflexion globale, m’amènent à titre personnel à une modeste question : et moi, consommateur replet, suis-je conscient de mes propres égoïsmes ?! Être citoyen du monde, c’est peut-être aussi commencer par cela : prendre conscience et penser réellement (pas répéter une rengaine intellectuelle, mais « décaler » la pensée pour influencer le comportement au quotidien).

 

Référence du film visionné ce soir : « Vers un crash alimentaire », documentaire de Yves Bily et Richard Prost, diffusé sur Arte le 2 décembre 2009.

Coup de gueule citoyen au Terminal G2 Roissy CDG !

octobre 24, 2009

Je suis actuellement à l’aéroport Roissy CDG Terminal 2G. Et je suis choqué par le peu de respect du gestionnaire pour les « clients ». Pas de message sur les retards (« Regardez les panneaux »), pas de kiosque à journaux pour ceux qui attendent, pas de siège devant les deux minables et peu fournis stands de boissons et nourritures (« C’est pour les gens en zone voyageurs »). Et tous les services voyageurs automatisés au maximum, empêchant toute personnalusation et permettant bien sûr des économies pour le gestionnaire. Alors c’est vrai qu’il s’agit de « clients » captifs d’Air France sur des vols intérieurs ou économiques ! D’un point de vue marketing et lucratif, cela présente peu d’intérêt !
Et si c’était tout ! Figurez-vous qu’il y a 6 mois j’avais rempli le formulaire de réclamations et suggestions. Après relance la réponse standardisée était le copier-coller d’un communiqué de presse sur la conception environnementale sans faille du bâtiment.
Alors on se prend à rêver d’une conception économie sociale :
– du personnel à la disposition des voyageurs et attendants qui seraient aussi des chômeurs en moins !
– des services pour tous, alimentant l’économie (pourquoi pas des produits de nos régions puisqu’on est dans terminal consacré aux vols intérieurs ?)
– une écoute des clients aussi considérés comme des citoyens participant au projet.

Pourquoi pas proposer à Aéroports de Paris une SCIC pour gérer la partie ouverte à tous du terminal ? Pourraient être parties prenantes Pôle Emploi, des associations d’usagers des transports, des entreprises ou organismes commercialisant ou faisant la promotion de produits régionaux, des représentants des personnels travaillant sur le site, ADP bien sûr … Tiens je vais proposer ça sur mon formulaire de réclamation !

Bonsoir la blogosphère !

octobre 22, 2009

Imaginez un être sensé être passé de l’autre côté de la barrière numérique et décidant, d’un clavier ferme et conquérant, de participer à la grande fête de l’Internet ! Ah les premières lignes, le premier titre. Mais que puis-je leur raconter, à tous ceux que je ne connais pas ??? Et ceux qui me connaissent, que vont-ils dire ?

Bon c’est fait. Me voilà avec ces millions de personnes qui échangent dans le monde virtuel !

Membre de cette « société civile » dont beaucoup parlent, je crois sérieusement que nous avons besoin d’un retour en force de la démocratie directe, celle qui fait que nous pouvons tous participer aux choix de nos sociétés, localement comme globalement. Alors je vais essayer, avec ma sincérité … et peut-être des maladresses, d’ouvrir un nouvel espace de dialogue. N’hésitez pas à provoquer, pour que je me sente interpellé et donc appelé à répondre. Parce que là je me sens un peu sec, donc J’AI BESOIN DE VOUS !

A bientôt

Thierry