Archive for the ‘Société civile et économie sociale’ Category

Le MOUVES comme lieu de rencontre du « génie solitaire » et du « génie solidaire » !

octobre 31, 2010

Je me suis engagé au sein du MOUVES et ai été élu au Conseil d’Administration de ce mouvement.

Cet engagement, je l’ai voulu pour 3 raisons :

– Il me paraît essentiel que l’économie sociale retrouve une vraie audience auprès du public, et les notions d’entreprise, d’entrepreneur et d’ « entreprise sociale » me paraissent devoir apporter une image rénovée à ce qui constitue à mon sens l’avenir pour une économie durable. Le MOUVES, j’en suis convaincu, permet de renouveler le discours sur l’ « entreprendre autrement » et de lui ouvrir de nouvelles audiences, tout en s’inscrivant dans l’économie sociale et solidaire.

– J’ai aussi voulu participer à l’aventure du MOUVES avec une perspective européenne : quand on échange avec d’autres acteurs européens, il est essentiel d’ouvrir portes et fenêtres pour permettre le dialogue. Les débats ouverts par le MOUVES font écho avec ce qui se discute en Europe, notamment au sein d’EUCLID, le réseau des dirigeants de l’économie sociale et solidaire (ou du Tiers Secteur, ou d’organisations issues de la société civile … : rien que cette liste prouve l’importance du débat !!!) : Vision anglo-saxonne ou vision continentale ? Valeurs et principes, statuts ou preuve par l’action ? Liens et différences entre économie sociale et RSE ? …

– Enfin, et peut-être surtout, je reste convaincu que l’homme, animal social, ne peut réussir seul, et je suis très intéressé par la tension positive qui peut naître de l’interaction entre les valeurs collectives de l’économie sociale et la dynamique de l’entrepreneuriat. Je suis personnellement convaincu que l’on ne peut que très rarement parler d’un entrepreneur comme d’un « génie solitaire » qui est à l’origine de toute l’entreprise et de sa réussite. Je crois beaucoup plus au « génie solidaire » qui nécessite du charisme personnel, allié à un projet collectif partagé avec d’autres … Quel meilleur lieu pour réinventer cette construction personnelle / collective qu’un mouvement d’entrepreneurs « sociaux et solidaires » ?

Imaginer l’avenir plutôt que ressasser le passé !

septembre 21, 2010

Nous vivons une crise sans précédent dans notre monde unifié et pourtant si divisé. Et nous avons malheureusement tendance, face à cette crise, à nous réfugier dans le passé et ses solutions toutes faites :

– si l’économie va mal, c’est que nous n’avons pas été assez loin dans l’application des règles du capitalisme = l’intégrisme économique ;

– si les « autres » nous gênent, c’est qu’ils ne pensent pas comme nous qui avons raison (que nous soyons Chrétiens, Musulmans ou Laïcs) = l’intégrisme « religieux » ;

– si la société va mal, il faut l’encadrer avec plus de sévérité, d’ordre et de sécurité = l’intégrisme politique et social …

Sans connaître la solution, car elle ne peut naître que d’un élan collectif, je pense qu’en tout cas nous devons non pas fermer nos esprits, nos coeurs et notre volonté, mais bien au contraire les ouvrir. Nos défis sont complexes, impliquant de nombreux acteurs et nécessitant une « invention de l’avenir ». Cette nécessité devrait interpeler notre bon sens :

– les solutions du passé, refuge confortable face à nos peurs, ne sont pas la panacée, donc la première étape est d’accepter d’ouvrir nos esprits et notre créativité, de les laisser « vagabonder » vers de nouvelles idées, de leur donner la possibilité d’explorer de nouvelles pistes de développement sans préjugé ;

– nous ne pouvons pas non plus rester confortablement dans nos milieux habituels, en fermant nos coeurs et nos oreilles à ce que d’autres, ailleurs, pensent et vivent : nous devons ouvrir nos coeurs et nos réseaux pour travailler avec d’autres et trouver avec eux ce qui nous est commun et ce qui rendra notre avenir commun meilleur ; cela signifie notamment accepter de rencontrer des « ennemis » d’hier pour les provoquer, les stimuler et les amener à partager avec nous ce qui peut l’être tout en accueillant leurs points de vue et en les intégrant dans nos réflexions (cf. le travail que l’économie sociale doit faire avec le secteur lucratif et les collectivités publiques, sans pour autant renier ses valeurs) ;

– nous devons également fortifier notre volonté, individuelle et collective, pour pouvoir ouvrir coeurs et esprits, car cela prend du temps et de l’énergie de mettre en route ce qui a pris l’habitude de « ronronner ». C’est un exercice quotidien, une forme d’ « ascèse » bénéfique.

Pour ceux qui souhaitent travailler ces pistes, un bouquin encourageant, malheureusement non traduit en français : « Theory U » de C. Otto SCHARMER (éditeur Berrett Koehler). Et un deuxième pour la route, celui-là en français, qui ouvre de nouvelles perspectives pour la construction d’une civilisation adaptée à notre avenir : « Surgissement d’un nouveau monde » de Marc LUYCKX GHISI (Editeur Alphée).

Des dieux et des hommes

septembre 12, 2010

Je viens de sortir du cinéma, et je tiens à partager quelques impressions à la vue du film « Des dieux et des hommes ». Au-delà de l’émotion qui se dégage de ce film, et sans s’attacher aux religions concernées par le sujet de l’oeuvre, il a un intérêt par la force de certains messages que je juge universels.

Premier message : au-delà des religions et de la foi, le film montre une leçon de vrai courage, car ces hommes ont peur, ont des doutes, mais en puisant au plus profond d’eux-mêmes ils prennent la décision de rester là où leur vocation (au sens le plus laïc du terme) les appelle.

Deuxième message : la spiritualité n’est pas la religion, mais ce fond commun dont nous disposons tous. Nous pouvons tous y puiser si nous en avons la volonté, si nous savons dépasser l’approche superficielle de la vie. Dans ce film, les gestes sont ceux de la vie quotidienne, mais c’est dans l’intensité de la manière dont on les vit que se trouve la « vraie vie ». Scène extraordinaire, la « dernière cène », avec des hommes (plus des moines) qui partagent chaleur humaine et un peu de vin et de musique dans un silence de paroles qui les plongent dans ce qui les unit.

Troisième message : l’amour l’emporte sur d’autres valeurs. Ce n’est pas le pouvoir des armes ou de la politique qui compte mais le pouvoir de l’amour, de la solidarité. et même longtemps après leur mort, ces hommes ont laissé une trace indélébile, universelle.

Un film à voir en tout cas, et une source d’inspiration pour des hommes engagés dans la société civile, car la vraie société civile, solidaire, courageuse et solidaire est là à chaque instant !

Innovation sociale : une contribution personnelle au débat … – Social innovation : a personal contribution to the debate

Mai 8, 2010

Une fois n’est pas coutume, je vais publier un article en anglais. Tout simplement du fait que je vais devoir intervenir lundi prochain à la conférence de Madrid du réseau EUCLID NETWORK. Je vais très rapidement produire une version française de cet article pour les francophones, c’est promis !

« Innovation » may mean :

a new way to do an action / to produce a product

a new action / a new product

a new way to do a new action / a new way to produce a new product.

As a former industrialist, I have participated in this process for products, but also services.

As a social economy actor, I fear we just keep to this very broad définition for « social innovation », mixing up what social innovation and service innovation are. This is why I would like to give my view on this very important subject, to be sure we are also innovative in the way we define « social innovation » !

To me, « social innovation » is about a solidarity based service or product innovation having strong social impact for the common good, and developped with the (central) participation of citizens.

Let’s take every element, which I must insist are all necessary.

1. Solidarity based service or product innovation

I think that we can’t limitate « social innovation » to « innovations in the field of social services ». It’s more about having a « positive social impact » which can be from the product / service itself or through the way citizens are part of the process of developping the innovation. I’ll come back to this Citizen participation critérium.

A social innovation, in my point of view, has as a principle, a solidarity component, a social cohésion component. To produce coffee in a social promotion orientation is part of this « solidarity » component at an international level.

2. Strong social impact for the common good

Innovations by traders on a financial product have had strong impact, but we all know (now !) that it was not ment as a way to contribute to the common good, but a way to preserve profit for each actor in the financial chain, with a disastrous global result !

A second very important criterium about « common good » is the not for profit orientation of the innovation. A social service developped to make a profit will, at a point of time, change to adapt to the criteria of profit and loose its « common good priority ». Therefore, as far as I see it, a « social innovation » can’t be developped as profit oriented. Which does’nt mean a for profit actor can’t be part of it, but this actor would accept to a strong limitation of the profit, that profit being secondary to common good.

3. Development with the (central) participation of citizens

Last but not least, participation of citizens in the « social innovation » process is central. An individual innovation is a « entrepreneur’s innovation », which is well known, as is well known « corporate innovation », based on a collective effort of the employées of a company, with possible outside help (cf. State research). But the place of citizens in these processes is marginal or inexistant.

A « social innovation » means a very strong impulse and participation of the citizens and especially beneficiaries. This can be done through :

participation to the innovation development of beneficiaries

strong implication of the citizens in the governance of the innovation process, incl. governance of the organization.

Taking in account all these éléments, one can note that traditional « social economy » is at the core of the process. My meaning is not a défensive one, but an OFFENSIVE one : WE NEED SOCIAL INNOVATION, as defined above, TO PREPARE A SUSTAINABLE FUTURE FOR HUMANITY.

Therefore I would invite States, local authorities and companies to think together with traditional third sector structures to develop these « social innovations » TOGETHER. We all need to join forces to complement individual and corporate service and product innovation with « social innovations » !

La coopération internationale en action : la nécessaire synergie entre cohésion et efficacité

avril 25, 2010

J’ai participé pendant 4 jours au Sénégal aux travaux et à une manifestation du « PROgramme de DEveloppement des Réseaux pour l’Education en Afrique de l’Ouest » (PRODERE AO), coordonné par SOLIDARITE LAIQUE. C’était ma première expérience de travail en Afrique, et j’en ressors non seulement « amoureux » de l’Afrique mais aussi conforté dans ma conviction que la formation et la sensibilisation aux relations interculturelles est un élément essentiel de la culture de l’ « honnête homme/femme » du 21ème siècle.

Comme en Asie Orientale, j’ai retrouvé ici l’importance du temps passé à construire un consensus, plutôt que l’approche plus juridique et majoritaire des Occidentaux. Ainsi, lors d’un débat important, une proposition a été faite pour voter, mais les participants ont tout fait pour éviter ce processus qui divise et trouver une solution qui rassemble tout le monde autour d’une vision commune. Bien entendu, on y perd un peu de temps pendant la réunion et dans la mise en oeuvre, mais dans la construction d’un groupe en cohésion, c’est une excellente approche. D’autant plus dans un milieu des ONGs habitué aux débats démocratiques !

Autre leçon de ces journées : la capacité, quand chacun respecte sa place et celle des autres, son apport et celui de chacun, de construire un travail international de grande qualité, sans domination d’un des partenaires.

Face à ce processus éminement « organique », il faut entrer dans le cadre fixé par de financeurs et partenaires qui eux ont de plus en plus une approche « numérique », demandant de l’efficacité, du planning et des résultats. Et c’est à mon sens de cette confrontation que se construit un nouveau mode de travail à l’international, en tension entre ces deux bornes. Très clairement, à mon sens, on ne peut être aux extrêmes du spectre ainsi créé !

En conséquence, il faut je crois

– d’un côté amener des acteurs qui ont besoin d’un temps de construction d’un consensus et d’une vision partagée,  à prendre en compte la nécessaire structuration d’une communication et de processus de reporting et de planning rigoureux

– de l’autre sensibiliser les bailleurs de fonds et partenaires institutionnels à la nécessité de « donner du temps au temps » pour que le consensus international se construise afin que les projets concrets  débouchent dans les meilleures conditions.

Et puis, au-delà de cette notion de gestion équilibrée de projets internationaux, je suis aussi convaincu que l’éducation de l’homme / la femme de demain gagnerait beaucoup à bénéficier de telles expériences de participation à des travaux internationaux. Une pierre essentielle à la construction de la démocratie mondiale dont nous avons tant besoin !

Chine : Un continent en quête de solidarité

mars 16, 2010

La Chine a développé un modèle original, fait de contrôle politique et de liberté économique … mais elle avait un peu oublié que le contrôle politique et la liberté économique sans le développement social et l’équilibre environnemental n’est pas une solution durable ! De retour d’un voyage sur place après 10 ans, ce qui me frappe c’est 3 choses :

– l’image « lisse » laissée par ces grandes villes désormais développées et offeuses de luxe et de consommation, alors que seulement quelques kilomètres plus loin, la « vieille Chine » que j’avais connue continue à exister … et encore je ne suis vraiment pas allé loin !

– l’efficacité économique, attestée dans tous les domaines (avions à l’heure et bagages délivrés en un temps record, organisation des rendez-vous d’affaire, qualité des rencontres et des discussions et professionnalisme des interlocuteurs …)

– la crainte diffuse mais omniprésente du déséquilibre actuel, dans les sphères politiques, dans les ministères comme auprès des personnes rencontrées.

Il est temps que ce pays que j’aime pour son dynamisme et sa culture, dont j’aime les habitants si attentionnés et délicats, aborde sans préjugé la question de son développement équilibré. Ce n’est plus tant la création de richesse qui est en jeu, mais son partage. Et le Gouvernement chinois le reconnaît désormais ce qui est plutôt bon signe.

Une fois de plus, le capitalisme pur et dur fait la preuve de son incapacité à promouvoir un développement équilibré socialement. Parallèlement, il est temps que la Chine accepte, pour commencer, une dose de démocratie, ce que j’appellerais une « démocratie responsable de gestion ». Une démocratie qui aurait pour objet la gestion responsable de l’environnement de vie des personnes : l’environnement naturel, la protection sociale, l’agriculture … ont besoin que les personnes soient associées aux choix locaux afin d’en assurer la qualité. A l’échelle d’un pays-continent, un gouvernement autoritaire et une économie capitaliste et ses acteurs à la recherche du profit sont incapables à eux seuls d’assurer le développement équilibré du pays et de ses régions ; ils ont besoin de la participation active de citoyens responsables, engagés et conscients de l’importance de la solidarité !

Où l’on retrouve ce « tiers secteur », cette « économie sociale », mais dans un modèle qui sera nécessairement différent de celui développé en Europe !

MOUVES : Un nouvel acteur pour poursuivre la réflexion sur l’économie sociale !

février 21, 2010

J’ai longuement réfléchi avant d’écrire ce que je ressentais après la manifestation inaugurale du MOUVES (Mouvement des Entrepreneurs Sociaux), le 2 février dernier.

Après mûre réflexion, je pense que cette initiative est une bonne chose pour l’économie sociale française, mais aussi dans les développements actuels en Europe. Sur le fond, je reste réservé par rapport à certains partis pris des créateurs de ce mouvement, et notamment sur le risque existant dans la confusion « entreprise sociale », « entrepreneur social » et « entrepreneuriat social ». Mais là n’est pas la question : nous aurons les mois à venir pour travailler sur le fond, et je compte bien m’engager dans ce débat en tant qu’adhérent !

Ce qui est important c’est que cette initiative pousse à une vraie clarification sur ce qu’est l’économie sociale et son apport. Et qu’elle ouvre un débat sérieux avec les tenants d’une approche « entrepreneur social » à l’anglo-saxonne. Et cela dans un contexte mouvant.

Ainsi, les conservateurs britanniques veulent « sous-traiter » à des entreprises sociales créées notamment par des fonctionnaires les services publics ; en France la mission Vercamer réfléchit sur les entreprises sociales et l’apport des associations et autres structures d’économie sociale aux mission d’intérêt général.

Dans ces évolutions, il serait à mon sens dangereux de considérer TOUTE entreprise qui accepte d’entrer dans l’exécution de missions d’intérêt général comme une « entreprise sociale ». Qui dit intérêt général dit intérêt au service de l’ensemble des CITOYENS. Ce ne sont donc que des entreprises qui intègrent une vraie dimension citoyenne qui peuvent répondre au défi ; la démocratie interne, la participation des citoyens, sont des critères essentiels. De même, il serait dangereux de considérer que la non lucrativité n’est pas liée à la bonne exécution d’une mission d’intérêt général : le premier objectif doit rester la mission et non un objectif de rémunération d’un actionnaire ! Enfin, et l’on revient à l’association des personnes concernées comme des autres acteurs, nous sommes dans une vision de solidarité, de ciment social, qui vient remettre du liant là où la société est aujourd’hui axée sur des réflexes de « consommateurs » y compris pour les services publics.

Si le MOUVES permet de contribuer positivement à apporter une réponse à ces enjeux, je pense qu’il joue un rôle important, en dehors d’une approche purement institutionnelle souvent paralysante, car pouvant craindre de mettre à jour des modèles. Alors débattons et trouvons de nouvelles dimensions à l’économie sociale et ses valeurs fondatrices qui restent incontournables !

Un nouvel engagement au service de la solidarité

février 1, 2010

Depuis le 1er février, j’ai rejoint le Réseau Education & Solidarité. Ma nouvelle mission consiste à promouvoir, avec l’ensemble des acteurs mutualistes et de l’éducation, les solutions de protection sociale pour, par et avec les enseignants.

Haïti : Au-delà de l’urgence, la nécessaire reconstruction de la société civile

janvier 17, 2010

Ce qui se passe à Haïti est dramatique, et nous sommes tous sous le choc. Cette conjugaison en un seul lieu de la force destructrice de la nature, de la misère dans laquelle un pays s’est enfoncé inéluctablement, et de la disparition d’un Etat dans le chaos est pour l’humanité un échec épouvantable. Comment peut-on laisser ainsi un peuple entier s’enfoncer dans une situation qui fait ensuite d’une catastrophe naturelle une mise à mort impitoyable ?

Face à cela, l’indignation et la mobilisation sont générales, et nous voyons affluer l’aide internationale, les dons, les volontaires. A court terme c’est essentiel. Mais à long terme cela ne suffit pas. Notre devoir humain est de nous mettre à la disposition d’un peuple, d’une partie de ce corps universel qu’est l’humanité, pour reconstruire une société viable et solidaire. C’est notamment le cas pour des gens comme nous, les acteurs de l’économie sociale.

Nous prônons que notre manière démocratique et solidaire de faire de l’économie et de structurer une démocratie sociale, locale, sont un modèle. Il faut le prouver dans des cas comme celui-là ! Dans les mois qui suivront le premier choc, les survivants de cette catastrophe totale devront reconstruire une société viable. C’est le moment où nous devrons nous mettre à la disposition de tous ceux qui auront à remettre en place des services de base pour chacun : éducation, santé, activité agricole et de distribution alimentaire … La meilleure réponse à ce défi dans un contexte où il faut en même temps rebâtir la société civile et le système politique, c’est de s’appuyer sur des structures démocratiques et solidaires, des mutuelles, des associations, des coopératives !

Je pense donc que nos réseaux et entreprises, que nos dirigeants doivent être présents en Haïti non pas seulement pour les quelques semaines à venir, dans l’urgence, mais sur le long terme, pour accompagner un processus de reconstruction de la société civile !

Les droits de l’homme c’est important, mais seulement si c’est concret !

novembre 22, 2009

Je suis intervenu mercredi dernier à Glasgow à la conférence célébrant le 20ème anniversaire de LAW SERVICES AGENCY, un centre d’aide et de conseil juridique destiné aux personnes en situation de fragilité (femmes et enfants, locataires menacés d’expulsion, migrants …). Mon thème d’intervention concernait l’Europe et la manière dont la société civile et les entreprises d’économie sociale pouvaient agir en faveur des personnes en difficulté, notamment en s’appuyant sur des réseaux internationaux et sur leur impact.

Dans les échanges avec les participants à cette journée, une évidence à laquelle nous ne faisons sans doute pas assez attention m’est revenue à l’esprit : bien sûr il faut faire reconnaître les droits, évidemment il faut obtenir des législations permettant d’orienter les efforts des Etats vers un meilleur équilibre des forces et des richesses entre les différentes composantes de la société … mais c’est vrai que nous avons dans les pays d’Europe de l’Ouest d’abondants textes, souvent généreux dans leurs intentions (je prendrai comme exemple la loi du 11 février 2005 sur le handicap en France). Mais faire reconnaître les droits, c’est les rendre concrets, applicables …et là on revient aux moyens et à la volonté politique, à une gestion des priorités conforme aux intentions louables affichées. A quoi bon avoir des déclarations des droits de l’homme, y compris sur les droits économiques, sociaux, culturels, si derrière on ne se donne pas les moyens de les faire respecter AU QUOTIDIEN ? A quoi bon les grands discours, souvent creux, sans financement des actions et sans formation des intervenants par exemple.

Notre combat est bien celui-là, remettre les droits de l’homme au centre des priorités des Nations et des organisations internationales non pas dans les discours, mais dans les actes. C’est ce que j’ai appelé « Donner de la chair aux droits de l’homme » : le droit c’est le squelette, sa concrétisation, c’est la chair !

A l’écoute des débats, j’ai aussi noté les 4 éléments qui font que nos organisations « marchent », et ces 4 éléments ont été largement repris lors de la journée :

– l’engagement (autour de la défense et de la concrétisation des droit de l’homme)

– l’innovation (notamment sociale), ferment d’une meilleure prise en compte des besoins et attentes de tous les être humains

– les partenariats qui permettent des courroies de transmission entre notre travail et celui d’autres acteurs sur le terrain (notamment les collectivités locales et les entreprises du lucratif)

– le travail en réseau pour échanger, enrichir nos pratiques et construire des stratégies d’influence et de co-construction entre acteurs de l’économie sociale.

Une très belle journée d’échanges et de réflexions donc … et l’Ecosse c’est vraiment superbe !