Je participais les 17 et 18 octobre derniers à la Plateforme Européenne contre la Pauvreté et l’Exclusion, à Cracovie. J’ai été frappé par le nombre d’intervenants officiels insistant sur la lutte contre la pauvreté et l’exclusion en « attendant le retour de la croissance ». Et si la lutte contre l’exclusion par la participation de TOUS à la vie économique, sociale, culturelle était la prochaine croissance ? Et si la construction d’une société de la connaissance basée sur la mobilisation de tous les citoyens était le paradigme de demain ?
La croissance matérielle, industrielle, va devenir de plus en plus difficile à tenir face aux limites physiques de la planète. Le cycle consommation / innovation selon une logique de marché n’atteint-il pas ses limites en termes de dégâts sociaux et d’inégalités de plus en plus criantes ?
En revanche, la construction d’une société plus modérée dans ses modes d’expression économique, plus sobre sur le plan matériel, mais beaucoup plus ambitieuse dans la diffusion de la connaissance et la reconnaissance de la valeur de chaque être humain, n’est-elle pas une nouvelle forme de croissance durable et porteuse de progrès pour tous ?
Cela impliquerait bien sûr un glissement dans les valeurs dominantes. Nous devons modérer l’individualisme conquérant en quête de pouvoir et de richesse. Et cela pour aller vers un humanisme combinant respect et construction de l’individu et participation à des constructions collectives respectueuses du capital naturel qui conditionne nos vies.
En termes de méthode, cela impliquerait aussi plus de travail en réseau et moins d’auto-célébration des « dominants ». Cela nécessiterait que TOUS les citoyens concernés par un sujet participent à son traitement. Un retour donc vers une démocratie participative que les réseaux sociaux préfigurent sans en être l’aboutissement. Cela impliquerait aussi un investissement massif dans l’éducation et la santé pour permettre à toute personne d’être en mesure de participer à l’aventure commune. Cela demanderait évidemment des démarches « bottom up » partant du terrain et des gens, avec un cadre de gouvernance ouvert et universel. Vous avez dit : « Pas de croissance ? »
« I have a dream » disait Martin Luther King. « We share a dream » devraient pouvoir dire tous les êtres humains.
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