Il est beaucoup question d’ « entreprise sociale » actuellement, aussi bien dans l’économie sociale que dans les cercles de réflexion du management et de la politique ! Nos amis belges, rencontrés hier lors d’une conférence et d’un atelier sur l’entrepreneuriat social organisé par leur regroupement « Positive entreprise », le MOUVES et EUCLID, parlent eux d’entreprise sociétale, ce qui me plaît bien !
Au-delà des débats sur le « social business » ou les statuts, je voudrais pour ma part insister sur l’ « initiative citoyenne » comme coeur de l’entreprise sociale. Pour moi, une entreprise sociale c’est de l’ « innovation sociale par l’initiative citoyenne », dans, par et au-delà de l’entreprise.
Dans l’entreprise, il faut de l’ « Intrapreneuriat » : faire preuve d’innovation sociale en ouvrant l’entreprise à toutes les parties prenantes, par la participation et la démocratie internes :
- La démocratie, c’est celle des statuts d’économie sociale, le principe « un être humain – une voix » pour tous ceux qui sont à l’origine de l’entreprise et qui la gouvernent ; mais cela ne suffit plus, si l’on veut considérer tous les êtres humains comme des citoyens !
- Cette ouverture citoyenne doit aussi passer par la participation : c’est considérer TOUS les acteurs comme des citoyens, qu’ils soient salariés, bénévoles, bénéficiaires du service …
Par l’entreprise, c’est l’ « Entrepreneuriat » au sens strict, l’innovation sociale au service d’un projet, mais avec une vision citoyenne, une vision solidaire et combinant le respect des personnes et la construction d’une perspective collective.
Au-delà de l’entreprise, on peut parler d’ « Extrapreneuriat », avec une vision politique construite par la mobilisationdes citoyens ! C’est militer pour ouvrir la gouvernance politique, économique et administrative de l’intérêt commun, à l’internationale, comme au nationale et au local, aux citoyens. L’innovation sociale se fait alors par la mobilisation politique (au sens noble du terme) des citoyens.
Reste, pour aller au-delà de cette notion d’entreprendre, que le terme « prendre » doit être équilibré par le terme « donner ». Alors pourquoi ne pas parler désormais (soyons fous et inventifs, même un peu loufoques !) d’ « entredonner » pour caractériser ce mode de gestion de projets collectifs à caractère social, économique et citoyen !!!
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