Japon : La nature peut être destructrice, alors pas la peine d’en rajouter !

Je suis personnellement très attaché au Japon, pays où j’ai vécu et travaillé. Les Japonais sont parfaitement conscients et prêts à affronter les risques naturels de leur archipel soumis aux tremblements de terre, aux éruptions volcaniques (on n’en a très peu parlé, mais un volcan est entré en éruption le 13 mars !), aux typhons, aux tsunamis (un mot japonais).

Mais ce qui est en train de se passer dans les centrales nucléaires de ce pays, ce n’est pas acceptable. Cela prouve plusieurs choses essentielles et que nous avons tendance à ignorer dans notre vision de court terme :

–       les probabilités sur les risques naturels et les marges de précaution sont des calculs humains, mais la nature ne les connaît pas, alors « miser » dans un pays aussi sensible sur une technologie délicate et dont les effets se comptent en milliers d’années et les dégâts à une échelle au moins nationale, c’est irresponsable ;

–       mais laisser une entreprise privée libre de faire ce qu’elle veut, et négliger certaines règles de prudence (TEPCO a déjà négligé de gérer correctement des problèmes de fissures il y a quelques années), c’est criminel.

Espérons, même si l’espoir est mince, que la dégradation de la situation à Fukushima sera enrayée. Mais espérons aussi que tous les responsables politiques et d’entreprises reprennent le dossier du nucléaire en main pour réévaluer les risques et accélérer l’arrêt des centrales. Etant Alsacien, je rappelle par exemple que la centrale de Fessenheim est déjà ancienne, mais aussi qu’elle est sur une zone sismique (Bâle a été détruite par un tremblement de terre au XVIème siècle, et Fessenheim est à moins de 50 km de Bâle !!!).

Evidemment, cela va aussi nous ramener à la réflexion sur la croissance : moins d’électricité, c’est aussi un frein à la croissance matérielle. Prenons-en acte, plutôt que de poursuivre notre course énergétique avec le nucléaire et peut-être demain les gaz de schiste, autre source de pollution potentielle. Nous sommes devant des choix cruciaux, et des choix qui doivent être faits AVEC LES CITOYENS :

–       choix entre risques de pollution et de catastrophes, et course au surplus de consommation souvent superflue

–       choix économique entre course au profit et économie responsable et citoyenne.

 

 

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