Nous vivons une crise sans précédent dans notre monde unifié et pourtant si divisé. Et nous avons malheureusement tendance, face à cette crise, à nous réfugier dans le passé et ses solutions toutes faites :
– si l’économie va mal, c’est que nous n’avons pas été assez loin dans l’application des règles du capitalisme = l’intégrisme économique ;
– si les « autres » nous gênent, c’est qu’ils ne pensent pas comme nous qui avons raison (que nous soyons Chrétiens, Musulmans ou Laïcs) = l’intégrisme « religieux » ;
– si la société va mal, il faut l’encadrer avec plus de sévérité, d’ordre et de sécurité = l’intégrisme politique et social …
Sans connaître la solution, car elle ne peut naître que d’un élan collectif, je pense qu’en tout cas nous devons non pas fermer nos esprits, nos coeurs et notre volonté, mais bien au contraire les ouvrir. Nos défis sont complexes, impliquant de nombreux acteurs et nécessitant une « invention de l’avenir ». Cette nécessité devrait interpeler notre bon sens :
– les solutions du passé, refuge confortable face à nos peurs, ne sont pas la panacée, donc la première étape est d’accepter d’ouvrir nos esprits et notre créativité, de les laisser « vagabonder » vers de nouvelles idées, de leur donner la possibilité d’explorer de nouvelles pistes de développement sans préjugé ;
– nous ne pouvons pas non plus rester confortablement dans nos milieux habituels, en fermant nos coeurs et nos oreilles à ce que d’autres, ailleurs, pensent et vivent : nous devons ouvrir nos coeurs et nos réseaux pour travailler avec d’autres et trouver avec eux ce qui nous est commun et ce qui rendra notre avenir commun meilleur ; cela signifie notamment accepter de rencontrer des « ennemis » d’hier pour les provoquer, les stimuler et les amener à partager avec nous ce qui peut l’être tout en accueillant leurs points de vue et en les intégrant dans nos réflexions (cf. le travail que l’économie sociale doit faire avec le secteur lucratif et les collectivités publiques, sans pour autant renier ses valeurs) ;
– nous devons également fortifier notre volonté, individuelle et collective, pour pouvoir ouvrir coeurs et esprits, car cela prend du temps et de l’énergie de mettre en route ce qui a pris l’habitude de « ronronner ». C’est un exercice quotidien, une forme d’ « ascèse » bénéfique.
Pour ceux qui souhaitent travailler ces pistes, un bouquin encourageant, malheureusement non traduit en français : « Theory U » de C. Otto SCHARMER (éditeur Berrett Koehler). Et un deuxième pour la route, celui-là en français, qui ouvre de nouvelles perspectives pour la construction d’une civilisation adaptée à notre avenir : « Surgissement d’un nouveau monde » de Marc LUYCKX GHISI (Editeur Alphée).
Laisser un commentaire