La coopération internationale en action : la nécessaire synergie entre cohésion et efficacité

J’ai participé pendant 4 jours au Sénégal aux travaux et à une manifestation du « PROgramme de DEveloppement des Réseaux pour l’Education en Afrique de l’Ouest » (PRODERE AO), coordonné par SOLIDARITE LAIQUE. C’était ma première expérience de travail en Afrique, et j’en ressors non seulement « amoureux » de l’Afrique mais aussi conforté dans ma conviction que la formation et la sensibilisation aux relations interculturelles est un élément essentiel de la culture de l’ « honnête homme/femme » du 21ème siècle.

Comme en Asie Orientale, j’ai retrouvé ici l’importance du temps passé à construire un consensus, plutôt que l’approche plus juridique et majoritaire des Occidentaux. Ainsi, lors d’un débat important, une proposition a été faite pour voter, mais les participants ont tout fait pour éviter ce processus qui divise et trouver une solution qui rassemble tout le monde autour d’une vision commune. Bien entendu, on y perd un peu de temps pendant la réunion et dans la mise en oeuvre, mais dans la construction d’un groupe en cohésion, c’est une excellente approche. D’autant plus dans un milieu des ONGs habitué aux débats démocratiques !

Autre leçon de ces journées : la capacité, quand chacun respecte sa place et celle des autres, son apport et celui de chacun, de construire un travail international de grande qualité, sans domination d’un des partenaires.

Face à ce processus éminement « organique », il faut entrer dans le cadre fixé par de financeurs et partenaires qui eux ont de plus en plus une approche « numérique », demandant de l’efficacité, du planning et des résultats. Et c’est à mon sens de cette confrontation que se construit un nouveau mode de travail à l’international, en tension entre ces deux bornes. Très clairement, à mon sens, on ne peut être aux extrêmes du spectre ainsi créé !

En conséquence, il faut je crois

– d’un côté amener des acteurs qui ont besoin d’un temps de construction d’un consensus et d’une vision partagée,  à prendre en compte la nécessaire structuration d’une communication et de processus de reporting et de planning rigoureux

– de l’autre sensibiliser les bailleurs de fonds et partenaires institutionnels à la nécessité de « donner du temps au temps » pour que le consensus international se construise afin que les projets concrets  débouchent dans les meilleures conditions.

Et puis, au-delà de cette notion de gestion équilibrée de projets internationaux, je suis aussi convaincu que l’éducation de l’homme / la femme de demain gagnerait beaucoup à bénéficier de telles expériences de participation à des travaux internationaux. Une pierre essentielle à la construction de la démocratie mondiale dont nous avons tant besoin !

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