J’ai longuement réfléchi avant d’écrire ce que je ressentais après la manifestation inaugurale du MOUVES (Mouvement des Entrepreneurs Sociaux), le 2 février dernier.
Après mûre réflexion, je pense que cette initiative est une bonne chose pour l’économie sociale française, mais aussi dans les développements actuels en Europe. Sur le fond, je reste réservé par rapport à certains partis pris des créateurs de ce mouvement, et notamment sur le risque existant dans la confusion « entreprise sociale », « entrepreneur social » et « entrepreneuriat social ». Mais là n’est pas la question : nous aurons les mois à venir pour travailler sur le fond, et je compte bien m’engager dans ce débat en tant qu’adhérent !
Ce qui est important c’est que cette initiative pousse à une vraie clarification sur ce qu’est l’économie sociale et son apport. Et qu’elle ouvre un débat sérieux avec les tenants d’une approche « entrepreneur social » à l’anglo-saxonne. Et cela dans un contexte mouvant.
Ainsi, les conservateurs britanniques veulent « sous-traiter » à des entreprises sociales créées notamment par des fonctionnaires les services publics ; en France la mission Vercamer réfléchit sur les entreprises sociales et l’apport des associations et autres structures d’économie sociale aux mission d’intérêt général.
Dans ces évolutions, il serait à mon sens dangereux de considérer TOUTE entreprise qui accepte d’entrer dans l’exécution de missions d’intérêt général comme une « entreprise sociale ». Qui dit intérêt général dit intérêt au service de l’ensemble des CITOYENS. Ce ne sont donc que des entreprises qui intègrent une vraie dimension citoyenne qui peuvent répondre au défi ; la démocratie interne, la participation des citoyens, sont des critères essentiels. De même, il serait dangereux de considérer que la non lucrativité n’est pas liée à la bonne exécution d’une mission d’intérêt général : le premier objectif doit rester la mission et non un objectif de rémunération d’un actionnaire ! Enfin, et l’on revient à l’association des personnes concernées comme des autres acteurs, nous sommes dans une vision de solidarité, de ciment social, qui vient remettre du liant là où la société est aujourd’hui axée sur des réflexes de « consommateurs » y compris pour les services publics.
Si le MOUVES permet de contribuer positivement à apporter une réponse à ces enjeux, je pense qu’il joue un rôle important, en dehors d’une approche purement institutionnelle souvent paralysante, car pouvant craindre de mettre à jour des modèles. Alors débattons et trouvons de nouvelles dimensions à l’économie sociale et ses valeurs fondatrices qui restent incontournables !
février 26, 2010 à 4:18 |
Thierry, I hope you will folow the example of Napoleon bringing the French ‘social’ revolution to the rest of Europe!