Je suis intervenu mercredi dernier à Glasgow à la conférence célébrant le 20ème anniversaire de LAW SERVICES AGENCY, un centre d’aide et de conseil juridique destiné aux personnes en situation de fragilité (femmes et enfants, locataires menacés d’expulsion, migrants …). Mon thème d’intervention concernait l’Europe et la manière dont la société civile et les entreprises d’économie sociale pouvaient agir en faveur des personnes en difficulté, notamment en s’appuyant sur des réseaux internationaux et sur leur impact.
Dans les échanges avec les participants à cette journée, une évidence à laquelle nous ne faisons sans doute pas assez attention m’est revenue à l’esprit : bien sûr il faut faire reconnaître les droits, évidemment il faut obtenir des législations permettant d’orienter les efforts des Etats vers un meilleur équilibre des forces et des richesses entre les différentes composantes de la société … mais c’est vrai que nous avons dans les pays d’Europe de l’Ouest d’abondants textes, souvent généreux dans leurs intentions (je prendrai comme exemple la loi du 11 février 2005 sur le handicap en France). Mais faire reconnaître les droits, c’est les rendre concrets, applicables …et là on revient aux moyens et à la volonté politique, à une gestion des priorités conforme aux intentions louables affichées. A quoi bon avoir des déclarations des droits de l’homme, y compris sur les droits économiques, sociaux, culturels, si derrière on ne se donne pas les moyens de les faire respecter AU QUOTIDIEN ? A quoi bon les grands discours, souvent creux, sans financement des actions et sans formation des intervenants par exemple.
Notre combat est bien celui-là, remettre les droits de l’homme au centre des priorités des Nations et des organisations internationales non pas dans les discours, mais dans les actes. C’est ce que j’ai appelé « Donner de la chair aux droits de l’homme » : le droit c’est le squelette, sa concrétisation, c’est la chair !
A l’écoute des débats, j’ai aussi noté les 4 éléments qui font que nos organisations « marchent », et ces 4 éléments ont été largement repris lors de la journée :
– l’engagement (autour de la défense et de la concrétisation des droit de l’homme)
– l’innovation (notamment sociale), ferment d’une meilleure prise en compte des besoins et attentes de tous les être humains
– les partenariats qui permettent des courroies de transmission entre notre travail et celui d’autres acteurs sur le terrain (notamment les collectivités locales et les entreprises du lucratif)
– le travail en réseau pour échanger, enrichir nos pratiques et construire des stratégies d’influence et de co-construction entre acteurs de l’économie sociale.
Une très belle journée d’échanges et de réflexions donc … et l’Ecosse c’est vraiment superbe !
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